A l’heure grise, c’est le tour de la rainette :

Et sa chanson toujours la même, lente et nette,

De buissons en buissons, va mourir jusqu’au pré.

On ne distingue plus qu’un nuage empourpré.

Le bois, las de frémir, va prendre un bain de lune,

Et les voix des oiseaux se taisent une à une.

Les joncs laissent tomber leurs pointes désarmés,

Et dans l’herbe touffue aux mille bruits calmés,

Grisé d’odeurs, parmi les fleurs de toute sorte,

Grave, le grillon noir écoute sur sa porte.

                                                            Jules Renard

Rainettes 1

Rainettes 2

Rainettes page du carnet